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Zoom sur Sauvages de ma Rue : le bilan de l'année 2012

Grâce à vous, les données s’accumulent dans de nombreuses villes de France ! Un grand merci pour vos observations ! Dans ce nouveau bilan, découvrez d’autres secrets de la flore urbaine mis en évidence par les chercheurs à partir de vos observations.

Podium des 5 espèces de plantes sauvages les plus fréquentes

Podium des cinq espèces de plantes sauvages les plus fréquentes. Ces espèces souvent rencontrées présentent des graines dispersées par le vent et pouvant germer sur une petite surface. Elles seraient donc adaptées au milieu urbain. © MNHN

Les records 2012

Pour l’année 2012, le record de la rue possédant la plus grande diversité floristique est détenu par la rue Gambetta à Nantes avec 85 espèces.

Cette richesse peut s’expliquer par le grand nombre d’espaces favorables au développement des végétaux (pieds d’arbres, murs,…) ainsi que par sa proximité au jardin des plantes et au cimetière de la Bouteillerie. Les sites publics de ce type constitueraient des réservoirs à graines favorisant le développement des plantes en milieu urbain.

Quatre des espèces parmi les cinq les plus observées ont des fleurs en capitules jaunes qui font partie de la famille des Astéracées. Certaines sont difficiles à déterminer, alors bravo, vous faites preuve d’une grande rigueur !

Résultats 2013

Caractéristiques des plantes urbaines 

Les plantes de nos trottoirs réussissent à tenir tête aux pollutions et aux constructions urbaines. On pourrait penser qu’elles soient plus tolérantes aux contraintes de la ville que les plantes de la périphérie urbaine. Pourtant, après une analyse faite sur les espèces de 138 trottoirs d’Île-de-France, les plantes du centre ville présenteraient la même résistance à la sécheresse, aux nitrates (présents dans l’urine) et à l’ombre que les autres poussant aux abords de la ville.

Tolérance moyenne des communautés de plantes face à la sécheresse en fonction de la distance au centre de Paris

Tolérance moyenne des communautés de plantes face à la sécheresse en fonction de la distance au centre de Paris. © MNHN

 

 

Sur le graphique ci-dessous, nous pouvons observer que les plantes ont une tolérance identique à la sécheresse qu’elles poussent en centre-ville ou en périphérie. Les plantes du centre-ville ne seraient donc pas plus adaptées aux conditions urbaines que celle de la périphérie. 

 Mode de pollinisation des plantes en fonction de la distance au centre de Paris.

Mode de pollinisation des plantes en fonction de la distance au centre de Paris. © MNHN

 

Les plantes urbaines et les insectes pollinisateurs

Les plantes des centres-villes sont souvent isolées physiquement par les constructions. Les insectes doivent donc avoir du mal à passer d’un massif à un autre et à les polliniser. Nous nous attendons donc à ce que les plantes des villes soient plutôt fécondées par le vent ou par elles-mêmes (autofécondation).

Sur ce graphique concernant Paris, nous observons que les communautés de plantes sont plutôt composées d’espèces végétales pollinisées par les insectes lorsque l’on s’éloigne de Paris alors qu’elles présentent plus d’espèces pollinisées par le vent ou autofécondes au centre de la ville.

 

Conclusion

La répartition des plantes urbaines serait davantage influencée par leur mode de pollinisation que par les facteurs physiques de l’environnement.

 

La nouveauté 2013 

Afin d’affiner l’étude sur les stratégies de reproduction des plantes en ville, une nouvelle expérience participative est proposée... Nous avons vu que les plantes du centre-ville sont très souvent autofécondes. Les plantes urbaines tendraient-elles à réduire l’énergie qu’elles mettent dans la fabrication de leurs pétales qui attirent les pollinisateurs? Afin de répondre à cette question, vous pouvez aider les chercheurs à mesurer les pétales de la Cymbalaire des murailles !

Cymbalaire des murailles

Cymbalaire des murailles © C. Mahyeux / CC-BY-SA