Newsletter #63
2025, année de la mer !

Toute l'équipe de Vigie-Nature École pour souhaite tout d'abord une excellente année 2025 et de très belles réalisations !

Initiée en 2024, l'année de la mer a démarré officiellement le 1er janvier 2025. Lancée par le ministère de la mer et de la pêche, elle permettra notamment à certains événements liés à la mer d'être labellisés.

https://mer.gouv.fr/la-mer-en-commun

Cette lettre d'information est l'occasion de vous (re-)présenter les deux programmes marins proposés par vigie-Nature École qui peuvent être mobilisés sur des projets liés à la mer.

Biolit Junior et Alamer, deux programmes marins de sciences participatives

Les deux programmes sont utilisables sur le littoral Manche-Atlantique et s'interrogent sur l'effet des changements globaux (dérèglement climatique, pollutions etc.) sur les communautés d'êtres vivants qui y vivent.

Le programme Biolit a été lancé en 2012. Il a pour but de comprendre et de suivre et de comprendre la répartition des communautés d'algues brunes fixées sur les rochers et des Gastéropodes qui leurs sont associés (bigorneaux, chapeaux chinois & Co) à marée basse. Le protocole proposé pour collecter des données à des fins de recherche est simple : il s'agit de poser des quadrats de 33 x 33 cm sur une ceinture d'algue brune puis d'identifier et de dénombrer les Gastéropodes qui s'y trouvent. 

Pour tous les détails sur le protocole, les outils de détermination et les autres ressources : https://www.vigienature-ecole.fr/biolit

Le programme Alamer, lancé en 2019, s'intéresse quant à lui aux algues de la laisse de mer (ce qui est laissé par la mer sur les plages à marée basse). L'objectif scientifique initial est de suivre ces algues échouées comme reflet de l'état des habitats marins à proximité, difficilement accessibles autrement. Le long d'une ligne de 25 mètres dans la laisse de mer fraiche, il s'agit de poser des quadrats de 1 x 1 m, d'identifier les algues présentes à l'aide d'une clé d'identification et d'évaluer leur abondance relative.

Pour tous les détails sur le protocole, les outils de détermination et les autres ressources : https://www.vigienature-ecole.fr/alamer

Déjà des résultats scientifiques... et de nouvelles questions

La collecte de données par les participantes et les participants à ces deux programmes a déjà livré des résultats donnant lieu à des publications scientifiques dans deux revues internationales.

Concernant Biolit, il a pu être montré qu'à l'échelle des côtes françaises, c'était le niveau de pollution par les nitrates et les matières en suspension issus de la pollution en milieu terrestre, drainée par les fleuves, qui influençait le plus le nombre moyen de Gastéropodes que l'on peut trouver dans un quadrat. Le déterminisme des activités humaines l'emporte donc sur les autres facteurs écologiques.

    Pour accéder à l'article original en anglais : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S004896972106678X

Pour accéder à la newsletter 50 qui lui a été dédiée : https://www.vigienature-ecole.fr/node/644

 

Concernant Alamer, une étude a pu démontrer la pertinence du protocole pour utiliser la laisse de mer comme révélateur des habitats marins à proximité : accéder facilement au difficilement accessible !

Pour accéder à l'article original en anglais : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1470160X22007518

Pour accéder à la newsletter 54 qui lui a été dédiée : https://www.vigienature-ecole.fr/node/651

Mais l'aventure ne s'arrête pas là pour ces deux programmes : ils s'inscrivent tout deux dans des suivis à long terme et permettront de documenter l'effet des changements globaux dont le changement climatique à moyen et long terme. Il est donc important de continuer à envoyer des données qui continuent à intéresser les chercheurs et les chercheuses.

Et toujours plein d'opportunités éducatives et pédagogiques

Aller sur le littoral est une occasion unique de développer un lien entre les élèves, ce milieu et les êtres vivants qui le peuplent. Les algues sont en particulier peu ou mal connues. Pourquoi pas dessiner algues et gastéropodes pour apprendre à les observer et découvrir leur beauté cachée ?

A gauche : une classe en train de réaliser le protocole Alamer.

A droite : des élèves en train de dessiner des algues collectées sur la plage (Concarneau, novembre 2024).

Mener à bien des protocoles, c'est aussi et toujours s'interroger sur les démarches scientifiques, se poser des questions, émettre des hypothèses, essayer d'y répondre, travailler son esprit critique. Pourquoi pas comparer les gastéropodes de deux ceintures d'algues différentes et s'interroger sur le peuplement des milieux ? Pourquoi pas comparer la laisse de mer de deux plages et s'interroger sur les différences constatées en termes d'habitats marins ?

    

Deux graphiques construits avec l'outil d'analyse statistique de Vigie-Nature École.

Le monodonte (à gauche), plus résistant à l'émersion, se trouve plutôt sur les ceintures d'algues du haut de la zone des marées (pelvétie), plus souvent à l'air libre.

Le littorine obtuse (à droite), moins résistante à l'émersion, se trouve plutôt sur des ceintures d'algue du milieu de l'estran (ascophylle), moins souvent à l'air libre.

Les barres représentent des intervalles de confiance à 95%. Leur amplitude s'explique pour partie par un nombre de quadrats réduits réalisés sur ces ceintures : continuez à participer !