Newsletter #17
L'impact de la pollution lumineuse sur les chauves-souris

Vous le savez probablement déjà mais la biodiversité est menacée par de nombreux facteurs comme la pollution, la fragmentation des habitats, le changement climatique… Une autre source de menace, moins connue, est la pollution lumineuse, celle générée par l’éclairage des villes par exemple.

Clémentine Azam, doctorante au Muséum, a cherché à évaluer l’impact de l’éclairage artificiel sur les chiroptères. Elle s’est également demandé si l’extinction nocturne (de minuit à 5 heures) serait une mesure efficace pour limiter ces effets.

Tout savoir sur la pollution lumineuse

La pollution lumineuse est générée par les éclairages artificiels dans un environnement nocturne. Les lampadaires génèrent une perturbation pour la faune (insectes, chauves-souris, humains…) et la flore. Cette forme de pollution concerne au total 20 % de la surface terrestre mondiale (en augmentation de 6% par an) et touche les milieux terrestres, aquatiques et marins !

En terme de conséquences pour la biodiversité, des études ont montré que la pollution lumineuse perturbe les rythmes journaliers et saisonniers de plusieurs espèces. Cette forme de pollution modifie les déplacements d’espèces car la lumière fragmente les paysages nocturnes.

L’effet des lampadaires sur les chauves-souris

Comme tout le monde le sait, les chauves-souris vivent la nuit ; cependant leur réponse à l’éclairage varie en fonction des espèces.

Les espèces dites aériennes présentent un vol rapide et chassent les insectes en suspension dans l’air. Elles sont souvent détectées en train de chasser aux alentours des lampadaires. A une échelle locale, on aurait donc un effet positif du lampadaire qui attire une quantité considérable d’insectes.

A contrario, un autre groupe d’espèces, appelé glaneuses, chasse plutôt en milieux encombrés et fermés (les forêts par exemple). Ces espèces cueillent les insectes qui sont posés sur des feuilles ou des branches. Leur vol étant plus lent, elles sont soumises à un risque de prédation plus important : elles semblent donc éviter les zones éclairées.

Le protocole mis en place par Clémentine

De nombreuses communes, pour faire des économies d’énergie, éteignent les lampadaires au cours de la nuit. Pour évaluer l’impact de cette mesure, Clémentine a  enregistré pendant 4 mois les ultra-sons des chauves-souris en zones éclairée, non éclairée et partiellement éclairée (extinction de minuit à 5 heures du matin) dans plusieurs communes situées dans le Parc naturel régional du Gâtinais.

Enfin, chaque zone étudiée était composée d’un site éclairé et d’un site non éclairé (le témoin). Pour chaque site, 5 enregistreurs à ultra-sons étaient placés au pied du lampadaire, à 10 m, 25 m, 50 m et 100 m.

Effet de la lumière

© Vigie-Chiro | Muséum national d'Histoire naturelle