Qu’a-t-on pu montrer avec cette expérience ?
Tout d’abord, Clémentine a pu montrer que 8 espèces de chauves-souris fréquentent le parc. Sans surprise, la Pipistrelle commune est l’espèce la plus fréquente, viennent ensuite les murins et la Sérotine commune. D’autres espèces ont été détectées mais sont beaucoup plus rares comme les oreillards.
© Vigie-Chiro | Muséum national d'Histoire naturelle
Pour la Pipistrelle commune l'éclairage semble favoriser sa présence : elle est deux fois plus fréquente que dans les zones non éclairées et éteintes une partie de la nuit.
Les murins semblent, en revanche, éviter les zones éclairées même partiellement (d’après les barres d’erreurs la différence n’est pas significative entre éclairage toute la nuit ou partiel).
Les oreillards semblent les seuls à profiter de mesures d’extinction des lampadaires. Ils chassent plus significativement là où les lumières s'éteignent. Ils profiteraient des insectes « groggy », immobiles sur le sol ou les parois des maisons, récupérant du trop de lumière. Des proies faciles en somme.
La période d'extinction des lampadaires entre minuit et 5 heures du matin n'a pas grand intérêt pour la plupart des espèces de chauves-souris. D’autres études semblent montrer qu’il serait plus efficace de les éteindre à partir de 23h.
© Vigie-Chiro | Muséum national d'Histoire naturelle
Enfin, comme le montrent ces graphiques, la lumière produite par les lampadaires impacte les chauves-souris à une distance maximale comprise entre 10 et 25 mètres.
Ce résultat pose la question de la création de corridors écologiques suffisamment larges pour les espèces nocturnes en milieu urbain tout en respectant le sentiment de sécurité des habitants… Et à cette question, Clémentine n’a pas la réponse !