Newsletter #20
Des nouvelles de BioLit Junior !

La rentrée vous parait déjà lointaine… cette newsletter devrait vous rappeler les vacances puisque nous allons parler plage ! Attention tout de même, nous n‘évoquerons pas les cocotiers mais plutôt les algues brunes et bigorneaux puisque nous nous intéresserons à BioLit Junior ! Si vous ne vous rappelez plus du protocole, consultez cette vidéo.

Voyons ce qu’ont pu tirer les scientifiques des 4 années de données envoyées par les participants.

L’estran, un milieu particulier

L’estran rocheux est un milieu composé de roches souvent dures et peu friables, découvert lorsque la marée est basse et immergés lorsqu’elle est haute. Le sable présent sur cette zone est apporté par les courants lors des marées.

La grande majorité des espèces de l'estran présentent des adaptations leurs permettant de vivre dans ces conditions difficiles. Par exemple, les algues se fixent notamment grâce à un crampon pour résister aux courants alors que les mollusques essayent de conserver un taux d’humidité convenable à marée basse.
Les scientifiques de BioLit tentent de suivre l’état de santé de ces milieux très particuliers tout en essayant de comprendre les relations liant algues brunes et gastéropodes qui pourraient être des indicateurs de la qualité écologique du littoral.

 

L’influence de la ceinture algale sur les mollusques observés

Cette étude est basée sur 945 observations effectuées de 2012 à 2015 le long de la côte Atlantique sur 49 estrans. Elle a permis de montrer que la ceinture algale explique la répartition des mollusques. Rappelez-vous, les algues ne sont pas réparties au hasard sur l’estran ! Certaines espèces, comme la Pelvétie caniculée se trouvent en haut des estrans alors que d’autres se situent toujours en bas de l’estran comme Fucus denté ou l’Himanthale.

Schéma

Les chercheurs ont ainsi observé que les ceintures algales les plus hautes sur l’estran (Pelvétie caniculée et Fucus spiralé) abritent principalement la Gibbule ombiliquée, la Littorine des rochers ou le Monodonte.
Les ceintures algales les plus basses (Ascophylle, Fucus vésiculeux et Fucus denté) se caractérisent par la présence de la Gibbule commune ou le Pourpre. La Gibbule ombiliquée et la Patelle sont visibles dans les deux groupes, elles s’adaptent bien aux différentes conditions du milieu.

Ces résultats montrent également qu’il y a une plus grande variété de mollusques dans le bas de l’estran. Pourquoi ? Cela pourrait s’expliquer par des conditions de vie plus favorables, l’estran étant plus fréquemment recouvert d’eau à ce niveau et plus densément couverte d’algues brunes.

L’influence du taux de recouvrement algale sur les mollusques observés

Les chercheurs ont également mis en évidence que le pourcentage de recouvrement du rocher par une algue influence la présence des mollusques. Par exemple, plus il y a de Fucus spiralé sur le rocher, plus le nombre d’espèces de mollusque augmente. Les mollusques profitent de l’abri des algues à marée basse mais jusqu’à un certain point car lorsque le rocher est recouvert au trois-quarts par l’algue, le nombre d’espèces de bigorneaux, berniques et autres mollusques diminue.

graphique

Mais ce n’est pas toujours vrai ! Dans le bas de l’estran, où se trouvent les Himanthales la diversité en mollusque est stable quel que soit le recouvrement des rochers par les algues… Attention tout de même sur ce dernier point, cela pourrait s’expliquer par un nombre encore peu conséquent d’observations sur cette algue.