Newsletter #70
Un sondage et des recherches pour faire avancer Lichens GO

Durant l'année scolaire 2024-2025, vous avez été une trentaine de classes à réaliser Lichens GO et à nous transmettre des données. Nous vous en remercions ! 

Malgré cette participation non négligeable, vous êtes nombreuses et nombreux à nous dire que le protocole est très engageant : détermination des lichens difficile malgré la nouvelle clé, protocole chronophage. 

Phaeophyscia orbicularis

Phaeophyscia orbicularis, un lichen très fréquent mais sous-détecté par les participants. Crédits : V. Chassany

À l'inverse, les habitués du protocole veulent plus d'éléments pour interpréter leurs résultats, notamment en termes de qualité de l'air. 

Afin de répondre à ces différentes attentes, l'équipe de recherche (1) sur laquelle s'appuie le protocole à l'UCLouvain en Belgique travaille activement...

Vers une version simplifiée du protocole

Héléna Snoeck, étudiante de Master 2, travaille actuellement à collecter vos besoins et à une version simplifiée du protocole qui y réponde. Voici un sondage d'environ 10 minutes qui s'adresse à toutes les personnes intéressées qu'elles aient testé ou non le protocole. À terme, une nouvelle version devrait voir le jour pour pour peu que les données collectées gardent bien sûr un intérêt scientifique. Nous avons besoin de vous pour construire les évolutions futures de "Lichens GO"

Vers une évaluation plus fine de la qualité de l'air en ville avec les lichens

L'utilisation des communautés de lichens pour évaluer la qualité de l'air n'est pas une idée nouvelle. Mais pourquoi continuer sur cette voie à l'heure des capteurs qui mesurent en temps réel la concentration de différents polluants dans l'air ? 

Parce que les capteurs sont chers et qu'ils ne peuvent pas être posés en densité suffisante pour enregistrer des modifications très locales en ville, un moyen peu coûteux comme l'étude des lichens reste très intéressant. D'autre part, les capteurs renseignent sur les causes des pollutions et non sur leurs conséquences, encore moins sur l'effet combiné de ces différents polluants ou sur les effets du réchauffement climatique. Les lichens, si ! Les deux approches sont donc très complémentaires et permettraient même d'orienter vers les sites où poser les capteurs. 

Si l'on veut utiliser les lichens pour rendre compte de pollutions précises en ville, encore faut-il pouvoir dire que la présence et l'abondance d'une espèce donnée reflète telle ou telle sorte de pollution. Si ces informations existent, elles sont souvent anciennes, empiriques et parfois peu détaillées. L'équipe belge vient de publier un article (2), résultat d'une grosse analyse de données européennes permettant de confirmer ou affiner l'écologie des lichens que ce soit vis-à-vis des différents polluants ou du réchauffement climatique. A partir d'un assemblage de lichens, il sera donc possible d'évaluer plus précisément l'effet de différentes perturbations et d'en faire le diagnostic ce qui aura des répercussions intéressantes pour la valorisation des résultats de Lichens GO. 

De nouvelles ressources verront bientôt le jour pour vos enseignements et nous vous tiendrons au courant !